Si vous êtes impliqués dans la gestion des risques psychosociaux en général et du stress au travail en particulier, il y a de fortes chances que vous ayez entendu parler de Karasek. Ce psychologue américain a en effet donné son nom à un des modèles les plus utilisé lors des travaux de diagnostic du stress en entreprise (ce modèle stipule que la concomitance d'une forte demande, d'une faible latitude décisionnelle et d'un faible soutien social accroît les risques de certaines pathologies, notamment cardio vasculaires). Lorsqu'ils sont validés, c'est à dire que leurs qualités psychométriques sont démontrées scientifiquement, les modèles sont utiles. Ils offrent en effet un protocole opérationnel de qualité pour l'administration de questionnaires salariés qui eux mêmes permettent des enquêtes rapides (surtout dans le cadre d'entreprises multi-sites ou / et de grande taille). Par ailleurs, les questionnaires permettent de faire un suivi cohérent dans le temps et ils rendent également possible la comparaison des résultats de plusieurs entreprises ayant utilisées le même outil (si ces données sont publiées).
Le risque cependant est de leur attribuer une confiance aveugle et d'en attendre un diagnostic complet et précis. Or, il n'existe pas aujourd'hui de questionnaire "couteau suisse" permettant de couvrir toutes les causes possibles de stress en entreprise. Par exemple, le questionnaire validé WOCCQ (Working Conditions and Control Questionnaire), qui est un des meilleurs outil actuel, permet selon ses auteurs d'expliquer 40% à 50% du stress par les conditions de travail. C'est à dire que dans ce cas il existe des causes de stress non modélisées (pour cet exemple elles peuvent être de nature sociale ou familiale). Si ces causes non modélisées par l'outil sont justement celles qui sont problématiques dans votre entreprise, l'utilisation de l'outil vous conduira dans une mauvaise direction. La couverture des causes de stress de ces questionnaires étant imparfaite il faut donc les choisir avec précaution, selon le contexte, et éventuellement les combiner.
Observations, informations et analyses relatives à la performance économique par le levier social. En particulier concernant la gestion de l'engagement professionnel, la prévention des RPS, des risques démographiques, de l'absentéisme, du présentéisme, de la rotation de personnel et de la pénibilité.
mercredi 31 mars 2010
mardi 30 mars 2010
ECO STRESS
Un quotidien français titrait hier sur une nouvelle forme supposée de stress, l'angoisse écologique. L'accumulation de sombres perspectives environnementales relayées avec force par les experts, médias et autres cinéastes serait à l'origine d'une éco-anxiété chez certains individus. Avant de chercher un "éco-psychologue" pour savoir ce dont il s'agit en détail, il est possible de trouver de nombreux éclaircissements sur ces troubles dans les travaux du génial Henry Laborit. Car Laborit, médecin chirurgien et neurobiologiste français avait tout compris. Il a mis en évidence dans les années 1960, le mécanisme d'inhibition de l'action:
Selon Laborit, c'est l'inhibition de nos pulsions naturelles et défensives de fuite et de lutte, c'est cette volonté refoulée du devoir, du vouloir agir, qui, lorsqu'elles perdurent, nous entraînent vers la pathologie. Or les désordres climatiques sont perçus par certains comme menaçant leur intégrité tout en étant hors de leur contrôle. Ils conduisent donc selon la "nouvelle grille" de Laborit à des désirs d'action de survie inhibées. Avoir envie de fuir ou de lutter contre un fléau (que ce soit la menace de la montée des eaux ou une relation difficile avec un hiérarchique au travail ou une surcharge de travail chronique) sans pouvoir réellement y parvenir est donc bel est bien une source d'anxiété.
Que faire alors?
- Relire Laborit (à défaut revoir le film de Resnais "Mon Oncle d'Amérique") pour s'inspirer de son travail novateur.
- Trouver un exutoire (légal et naturel) pour fuir (l'éloge de la fuite).
- Prévenir autant que possible les causes du mal.
Dans nos sociétés urbaines, l'individu ne peut ni fuir, ni lutter contre son environnement culturel.
Selon Laborit, c'est l'inhibition de nos pulsions naturelles et défensives de fuite et de lutte, c'est cette volonté refoulée du devoir, du vouloir agir, qui, lorsqu'elles perdurent, nous entraînent vers la pathologie. Or les désordres climatiques sont perçus par certains comme menaçant leur intégrité tout en étant hors de leur contrôle. Ils conduisent donc selon la "nouvelle grille" de Laborit à des désirs d'action de survie inhibées. Avoir envie de fuir ou de lutter contre un fléau (que ce soit la menace de la montée des eaux ou une relation difficile avec un hiérarchique au travail ou une surcharge de travail chronique) sans pouvoir réellement y parvenir est donc bel est bien une source d'anxiété.
Que faire alors?
- Relire Laborit (à défaut revoir le film de Resnais "Mon Oncle d'Amérique") pour s'inspirer de son travail novateur.
- Trouver un exutoire (légal et naturel) pour fuir (l'éloge de la fuite).
- Prévenir autant que possible les causes du mal.
lundi 29 mars 2010
ABSENTEISME ET ABSTENTION
Dans cette période post électorale marquée par une victoire écrasante du "parti de l'abstention" nous pouvons nous demander si, toute proportion gardée, il existe des motivations communes entre ceux qui ne vont pas au travail et ceux qui ne vont pas voter.
L'abstention, disent les sociologues, exprime une incompréhension, un mécontentement, voire une volonté de marquer une défiance à l'encontre des candidats. Le refus de prendre part au vote traduirait une forme de retrait, d'éloignement, d'indifférence et d'incompréhension des citoyens à l'égard des institutions.
Qu'en est t-il de l'absentéisme au travail? L'absentéisme du bureau de vote pourrait t-il expliquer en partie l'absentéisme de l'open space?
L'absentéisme est bien sûr multi-factoriel (maladies indépendantes de l'activité professionnelle, maladies consécutives à des accidents du travail, maladies liées au viellissement de la population active, problème de démotivation des salariés). Cependant la dernière de ces composantes, nous interroge sur la relation avec la hiérarchie, la justice organisationnelle, le sens de l'engagement et les conditions de travail.
Somme toute peut-être existe t-il une plus value à observer et comprendre les mécanismes qui régissent l'abstention, étudier le désaveu exprimé à nos représentants politiques pour essayer de prévenir l'absentéisme en entreprise.
L'abstention, disent les sociologues, exprime une incompréhension, un mécontentement, voire une volonté de marquer une défiance à l'encontre des candidats. Le refus de prendre part au vote traduirait une forme de retrait, d'éloignement, d'indifférence et d'incompréhension des citoyens à l'égard des institutions.
Qu'en est t-il de l'absentéisme au travail? L'absentéisme du bureau de vote pourrait t-il expliquer en partie l'absentéisme de l'open space?
L'absentéisme est bien sûr multi-factoriel (maladies indépendantes de l'activité professionnelle, maladies consécutives à des accidents du travail, maladies liées au viellissement de la population active, problème de démotivation des salariés). Cependant la dernière de ces composantes, nous interroge sur la relation avec la hiérarchie, la justice organisationnelle, le sens de l'engagement et les conditions de travail.
Somme toute peut-être existe t-il une plus value à observer et comprendre les mécanismes qui régissent l'abstention, étudier le désaveu exprimé à nos représentants politiques pour essayer de prévenir l'absentéisme en entreprise.
vendredi 26 mars 2010
LA MODE DU STRESS?
Certains expriment que la médiatisation actuelle du stress est disproportionnée et que la situation était pire autrefois. Quand est t-il réellement?
En réalité, il est bien difficile de répondre objectivement à cette question. Tout au plus nous pouvons proposer quelques éléments des réflexion :
- Suivant le principe que l'on ne mesure que ce que l'on observe, il est impossible de pouvoir faire une comparaison cohérente dans le temps puisque les premières mesures de niveau de stress datent d'environ 10 ans.
- Nous vivons maintenant assez longtemps pour avoir le "luxe" d'observer des problèmes de santé qui étaient "mécaniquement" moins nombreux lorsque l'espérance de vie était plus faible.
- Globalement les modérateurs de stress semblent s'être affaiblis : les valeurs équilibrantes (spirituelles - chute régulière de la fréquentation des lieux de culte, soutien social - exode rural et familles recomposées) semblent moins fortes.
- En parallèle, la nature même des agents stressants a évolué. Ils sont désormais majoritairement chroniques et de nature psychologique ce qui n'arrange pas les choses puisque le processus de stress est conçu pour répondre à des stimuli aigus.
C'est donc globalement une question qu'il est difficile de trancher et il en va du ressenti et de la subjectivité de chacun. Qu'en pensez vous?
En réalité, il est bien difficile de répondre objectivement à cette question. Tout au plus nous pouvons proposer quelques éléments des réflexion :
- Suivant le principe que l'on ne mesure que ce que l'on observe, il est impossible de pouvoir faire une comparaison cohérente dans le temps puisque les premières mesures de niveau de stress datent d'environ 10 ans.
- Nous vivons maintenant assez longtemps pour avoir le "luxe" d'observer des problèmes de santé qui étaient "mécaniquement" moins nombreux lorsque l'espérance de vie était plus faible.
- Globalement les modérateurs de stress semblent s'être affaiblis : les valeurs équilibrantes (spirituelles - chute régulière de la fréquentation des lieux de culte, soutien social - exode rural et familles recomposées) semblent moins fortes.
- En parallèle, la nature même des agents stressants a évolué. Ils sont désormais majoritairement chroniques et de nature psychologique ce qui n'arrange pas les choses puisque le processus de stress est conçu pour répondre à des stimuli aigus.
C'est donc globalement une question qu'il est difficile de trancher et il en va du ressenti et de la subjectivité de chacun. Qu'en pensez vous?
jeudi 25 mars 2010
LES CONSEQUENCES DU STRESS
Environ 80% des consultations médicales sont liées au stress, d’une manière ou d’une autre. Pr. Herbert Benson, HarvardLa réaction d'adaptation "stress" privilégie l'utilisation des ressources mentales et physiologiques de l'individu pour favoriser sa défense face au danger ressenti, et ce au détriment de fonctions pourtant fondamentales (système immunitaire, digestif, etc.) mais coupables d'être énergétivores. Et si tout cela se déroule dans l'immense complexité de la biologie humaine, lorsque le système immunitaire baisse chroniquement la garde, il est intuitif d'en comprendre les conséquences éventuelles.
Ces conséquences peuvent se classer en quatre grands tableaux, représentés dans la liste non exhaustive ci dessous.
- Les conséquences physiologiques : troubles cardio-vasculaires, douleurs musculaires et TMS, fatigue chronique, migraines, etc.
- Les conséquences cognitives: baisse de la créativité, détérioration de la mémoire, difficulté à prendre des décisions, etc.
- Les conséquences émotionnelles : excitation, tristesse, sensibilité excessive, crises de larme ou de nerfs, etc.
- Les conséquences comportementales : agressivité ou tendance à l'évitement, comportements compulsifs ou addictifs, etc.
Il est important de savoir que le stress chronique est souvent pathogène et que ses conséquences peuvent être multiples et sans apparente relation avec les événements qui en sont la cause. Savoir gérer le stress, c'est aussi savoir reconnaître ses propres signaux précurseurs.
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