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lundi 11 juillet 2011

ELEMENTS DE GESTION DU CAPITAL HUMAIN EN ENTREPRISE


Tout comme la maison mal isolée, l'entreprise négligente ou ignorante des règles de bonne gestion de ses ressources humaines perd de l'énergie. Une énergie précieuse voire vitale dans un contexte économique durablement tendu. L'entreprise où règnent stress et désengagement est une passoire qui s'épuise à réunir des ressources qui se dispersent de toutes parts. Car si le temps vaut de l'argent, l'énergie des salariés vaut certainement de l'or dans un écosystème mondialisé. Cette énergie précieuse, ce n'est pas l'énergie thermique, la chaleur qui fuit de la maison, mais l'enthousiasme et l'engagement des salariés, leur volonté de produire et de créer qui s'érode lorsque les conditions de travail sont dégradées, ou que le  management est défaillant. Le bon gestionnaire devient alors celui qui sait celui qui sait repérer les pertes d'énergie, celui qui sait gérer au mieux l'énergie des femmes et des hommes en entreprise, celui qui connaît l'alchimie de sa genèse et bien sûr celui qui en comprend la logique. La marche pourrait sembler bien haute et la tâche bien complexe si la métaphore, connue de tous, de la maison mal isolée ne nous donnait des références très instructives. 

1- Des tableaux de bords pour repérer les "fuites"
"Si vous ne savez pas le mesurer, vous ne saurez pas le gérer" dit le dicton. Il existe des instruments de mesure pour les pertes d'énergie thermique. Les thermogrammes permettent ainsi de connaître la localisation et la magnitude des fuites calorifiques. La bonne nouvelle est que des instruments permettent également de mesurer les fuites d'énergie des RH dans le domaine de l'entreprise. Ces tableaux de bords sociaux permettent tout à fait de suivre des fuites comme l'absentéisme, le présentéisme et d'en déterminer l'origine, les causes et les coûts. La première étape consiste donc à démocratiser l'usage des ces tableaux de bords auprès du plus grand nombre.

2- L'analyse systémique pour comprendre la logique 
Certains pensent qu'ils peuvent régler le problème de l'absentéisme par le seul contrôle médical. C'est trop souvent une cruelle erreur. Au mieux l'absentéisme baisse un peu et pendant quelques temps. Au pire le problème réapparaît en même temps qu'il ne se déplace ! Quel est l'intérêt de réduire l'absentéisme si le désengagement augmente en parallèle parce que certains salariés trouvent ces contrôles abusifs et cherchent tout moyen pour exprimer leur frustration ? Pourquoi ? Car, à l'image de notre maison mal isolée, il faut concevoir l'isolation de l'énergie du capital humain avec une vue globale. Si vous n'isolez que la fenêtre, l'air trouve un autre point de fuite et le problème demeure entier ! Il faut donc considérer le problème dans la globalité. Charge alors au gestionnaire de suivre, analyser et prévenir les causes du mal-être. 

3- La prévention comme mode d'action
Conséquence de l'observation précédente, en manière de gestion des ressources humaines il n'y a donc pas d'autre choix que celui de tendre vers la prévention. Pour éviter de devoir gérer stress, absentéisme, RPS, présentéisme, AT, vols, dégradation de matériel, etc. la seule alternative est d'en résoudre les causes. Puisque la frustration trouve toujours un point de fuite, il n'existe donc pas d'autre solution que de la prévenir en amont. La prévention n'est alors plus une incantation éthique ou humaniste. Elle devient un outil de gestion de la performance économique et sociale. 


Sur ce même thème, voir également "Plaidoyer pour l'entreprise hermétique"

samedi 5 mars 2011

PLAIDOYER POUR L'ENTREPRISE HERMETIQUE

Pour répondre aux effets combinés de la crise énergétique et de la crise écologique, la maison à faibles déperditions énergétiques, dite maison passive, est une option. Pour répondre aux défis d’une économie mondialisée confrontée à une crise persistante, l’entreprise hermétique se présente elle comme une solution. 

Fondamentalement, la faiblesse des maisons et des entreprises traditionnelles est la même, c’est celle de la déperdition d’énergie. Energie calorifique dans le premier cas, qui profite du moindre pont thermique pour s’échapper en pure perte dans l’atmosphère. Energie productive et créative des salariés dans le second. Pour l’entreprise orientée vers la performance, l’absentéisme et le désengagement sont de cruelles pertes d’énergie. Le bilan énergétique du cadre qui « s’occupe au travail » est sans doute comparable à celui d’une pièce dont la fenêtre est ouverte un matin d’hiver. Pour ne rien arranger au bilan de l’entreprise traditionnelle, non seulement l’énergie de ses salariés peut lui échapper, mais il arrive également que cette précieuse énergie soit employée à dessein contre elle. C’est ce qui arrive par exemple lorsque la résistance au changement conduit à l’immobilisme ou lorsque que l’énergie est utilisée dans des prises de positions contestataires qui peuvent alourdir le climat social et quelque fois dégrader l’atmosphère générale de travail. La question principale adressée aux décideurs et responsables d’encadrement en entreprise est donc : comment préserver l’énergie des salariés ? Avant d’investiguer les bases de la « thermodynamique du capital humain  en entreprise » observons d’abord que si la conséquence de ce problème est d’ordre financier, ce n’est pas le cas de sa cause (qui est donc d’ordre énergétique). Ce qui signifie que ce n’est donc pas en cherchant à faire des économies que le problème sera réglé !

Avantages et piliers de la maison passive :
- Conservation de la chaleur à long terme (sous réserve d'utilisation de matériaux d'isolation durables).
- Bien moins de problèmes d'humidité (sous réserve du bon entretien des équipements).
- Plus de confort grâce à un meilleur équilibre de la température et de l'humidité.
- Une meilleure qualité de l'air.
- Économiquement attrayant grâce à des frais de chauffage minimaux, mais il faut compter un certain temps pour rentabiliser le surcoût de départ avec le prix de l'énergie d'aujourd'hui.
- Écologique: protection des ressources, émission réduite de CO2.

Avantages et piliers de l’entreprise hermétique :
- Conservation et développement de l’enthousiasme, de la créativité et du talent des salariés à long terme (sous réserve d’utilisation de conditions de travail et de méthodes de management performantes).
- Bien moins de problèmes de dégradation du climat social.
- Une meilleur qualité de l’atmosphère au travail.
- Economiquement attrayant grâce à des coûts cachés minimaux (absentéisme, présentéisme, turnover, accidents du travail, dégradation de l’image de marque, vols, conflits juridiques, etc.), mais il faut compter un certain temps pour rentabiliser le surcoût de départ.
- Solidaire : protection des ressources publiques grâce à une émission réduite d’arrêts maladie et d’accidents du travail qui grèvent les comptes des caisses d’assurance maladie.

Le projet de l’entreprise hermétique est donc celui de protéger et de développer l’énergie productive et créative des salariés. Ses règles de construction sont connues. Il s’agit de donner de l’autonomie aux salariés, de (mieux) communiquer, de réduire les injustices, d’exprimer de la reconnaissance (matérielle et surtout immatérielle), de créer et soutenir les collectifs, de former les responsables d’encadrement, d’accompagner les changements, de créer et donner du sens, pour ne citer que les axes principaux d’amélioration des conditions de travail. L’entreprise hermétique sait également observer, mesurer le niveau d’énergie de son capital humain et en tirer les conséquences avant de payer la note.

Par rapport à une entreprise conventionnelle, une entreprise hermétique présente donc de nombreux avantages. Elle génère de grandes économies et perspectives de croissance et garantit une excellente ambiance de travail propice à la créativité et à la performance durables. 


Sur ce même thème voir également "Eléments de gestion du capital humain en entreprise"

mardi 4 mai 2010

STRESS, JE PERDS, TU PERDS, ILS PERDENT

Question à plusieurs milliards d’euros. A une époque où notre intelligence débridée s’exprime dans une technologie en trois dimensions orientée vers notre soit disant plaisir, est-il possible qu’un nombre croissant d’entre nous soient encore confrontés à une réalité absurde qui cause le malheur de tout ses acteurs?

Oui !

Les acteurs involontaires de ce mauvais scénario, ce sont tout d’abord les salariés. Lorsque le stress chronique, c’est de lui dont il s’agit, règne dans une entreprise, les forces vives de cette dernière s’affaiblissent. Qu’elles soient comportementales (agressivité, repli, etc.), physiologiques (troubles cardio-vasculaires, TMS, etc.), cognitives (perte de mémoire, diminution de la faculté de concentration, etc.) ou émotionnelles (tableaux anxieux, dépressifs, etc.), les conséquences sont manifestes. Ainsi par exemple, des études démontrent que les salariés qui souffrent d’un manque de reconnaissance au travail ont quatre fois plus de risques de présenter des signes de détresse psychologique. Aussi variées soient-elles ces conséquences délétères sont  souvent le résultat d’une réaction commune, le stress chronique.

Quelle est la qualité d’un film quand ses acteurs sont épuisés ? Bandit silencieux et invisible, dissimulé dans le gouffre non cartographié des coûts cachés, le stress punit également les entreprises négligentes, les maisons de production de cette vilaine histoire. Si une goutte d’eau peut faire déborder un vase, quels peuvent être les effets de dix louches qui le vident dans une conjoncture de sécheresse ? Il faut se poser les bonnes questions. Quel est le coût de l’absentéisme ? Le coût des démissions est-il vraiment négligeable quand on prend en compte ses incontournables effets indirects ? Quel est le niveau d’engagement de mes salariés ? Pourquoi les jeunes diplômés ne postulent-ils pas à mes postes ouverts ? Pourquoi, comment et surtout combien. Le stress est une escroquerie à signaux faibles, comme une machine enregistreuse riche de ne garder que la petite monnaie.

Qui amortit les pertes d’un film à gros budget qui se révèle être un bide commercial ? Insatiable et immoral, le stress chronique entraine également dans ses filets les capitaux des assureurs et partenaires santé publics et privés de l’entreprise, qui en la matière ont pour seul défaut celui de lui être aveuglement solidaire. Dans une indifférence qui pourrait s’appeler résignation, il se sert dans les caisses de l’assurance maladie, c’est à dire nos impôts, ce qui par ailleurs n’est pas sans conséquences sur nos prélèvements. Effronté et sûr de lui, il n’oublie pas de d’achever sa tournée triomphante par la collecte de sa dime chez les organismes de prévoyance.

Le poids des mots, le choc des euros. Audit du coût de l’absentéisme dans une PME en province (250 salariés).  Coût estimé de l’absentéisme pour l’entreprise : 312.000 euros. Coûts estimés pour la CRAM et la prévoyance : 177.000 euros et 208.000 euros respectivement.

Salariés en souffrance, entreprises taxées plus que de raison par un collecteur invisible, organismes de prévoyance et caisses d’assurance maladie affaiblis, quel tableau de chasse ! Point de salut ni de croissance possible avec ce scénario, le stress chronique, c’est le mauvais film de qui perd perd, chacun doit le comprendre.
Les idéaux de notre modèle de solidarité s’écroulent devant un tel monstre et les interdépendances qui le structurent sont autant de dominos qui le fragilisent dans cet enfer systémique puisque l’appauvrissement des uns induit celui des autres qui renforce à son tour celui des premiers.

Quelques uns bien sûr, loin du lieu de tournage, profitent de l’intrigue. Mais est-il réellement possible de les ramener à raison ? Pour arrêter la sarabande funeste du stress chronique, il faut commencer par le démasquer, en comprendre les mécanismes et l’observer à la lumière de ses conséquences globales et non plus isolées. Il faut expliquer encore et toujours combien il coûte pour la santé des salariés mais également pour la santé économique des entreprises et les équilibres budgétaires des états concernés. A une époque où tout se mesure, il est grand temps de sortir la calculatrice ! Il n’y a rien de déshonorant à parler d’argent puisque c’est devenu un langage universel dans les affaires. A notre charge de  nous poser courageusement les bonnes questions, de mesurer les bons paramètres et de construire ensemble une histoire plus harmonieuse.