Je ne suis pas un économiste et je ne suis pas qualifié pour discourir de l'effet de la mondialisation sur l'économie mondiale en dehors de lieux communs comme : la mondialisation bénéficie aux pays en voie de développement au détriment des pays dits riches. Ce qui m'importe davantage ici c'est de comprendre s'il existe une relation entre la mondialisation et le stress. Et là les choses sont assez claires...
Commençons par le début. Le stress est un processus d'adaptation à l'insatisfaction de nos besoins fondamentaux. C'est à dire que la réaction de stress se déclenche quand un besoin (physiologique, de sécurité, d'identité, etc.) est menacé ou plus exactement quand nous avons la perception qu'il en est ainsi. La question est donc : qu'est ce qui menace la satisfaction de nos besoins? Le changement est un candidat naturel, mais trois de ses dimensions aggravent son cas. La première est la prévisibilité (ou l'absence de), la seconde est la rapidité et la troisième est la chronicité. Prenons un exemple, vous devez déménager. Si le changement est sous votre contrôle (j'ai choisi et décidé de) et que vous avez en plus le temps et les ressources de prendre vos dispositions (le déménagement est prévu dans 4 mois, j'ai le temps de me préparer), l'adaptation est possible. Elle l'est d'autant plus si vous considérez le déménagement comme une opportunité et non comme une corvée, mais ceci est une autre histoire. Dans tous les autres cas (date inconnue ou, et incapacité de s'organiser), un surplus d'énergie est nécessaire pour que cette adaptation puisse réussir. Cette aide bienvenue existe en nous et la réaction qui permet de la libérer s'appelle le stress. Mais a force de tirer sur la carte bleue, le compte en banque se vide (à moins que vous sachiez le réapprovisionner, ce qui est également une autre histoire)... C'est à ce niveau que la dimension de la chronicité devient pathogène. Nous en sommes donc à rechercher ce qui cause l'incertitude chronique dans notre environnement. CQFD.
Observations, informations et analyses relatives à la performance économique par le levier social. En particulier concernant la gestion de l'engagement professionnel, la prévention des RPS, des risques démographiques, de l'absentéisme, du présentéisme, de la rotation de personnel et de la pénibilité.
jeudi 8 avril 2010
AUTOPSIE DU BURNOUT
Les conséquences du stress chronique peuvent être très violentes pour les individus concernés et leur entourage. Cette violence vécue et ressentie s'exprime également dans les prises de positions des uns et des autres au sujet des éléments déclenchant de ce stress. Il est alors tentant de vouloir stigmatiser les uns et de défendre les autres. Le stress est cependant un processus fondamentalement humain que la logique binaire des ordinateurs ne peut représenter. J'en veux pour illustration l'une des conséquences les plus dramatique du stress au travail: le burnout ou syndrome d'épuisement professionnel. Les causes du burnout sont connues pour être nombreuses et multifactorielles, mais il est possible d'en dégager quelques unes :
- Attentes élevées à l'égard de soi-même
- Attentes élevées à l'égard des autres
- Mauvaise perception de ce qu'est un bon travail
- Faible sentiment d'appartenance à un groupe
- Mauvais environnement
Cet exemple nous apprend que c'est bien souvent la conjonction de caractéristiques environnementales et individuelles qui cause le burnout. Ainsi, le stress se comprend dans une interaction de l'individu forcément subjectif avec l'environnement dans lequel il évolue. Si interaction ne veut pas dire que les causes soient forcément partagées, ce modèle nous invite à réfléchir au cas par cas à l'origine du déséquilibre qui menace la santé des individus concernés.
mercredi 7 avril 2010
STRESS, MAIS QUE FONT LES ECONOMISTES?
De nombreux ouvrages sont publiés sur le stress. Aussi complémentaires, innovants (ou pas) puissent t-ils être, ils partagent une caractéristique intrigante, ils sont tous ou presque signés par des professionnels de la santé. Médecins, médecins du travail, psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes sont en tête de gondole chez les libraires. Ces ouvrages nous expliquent ce qui se passe dans notre corps et dans nos têtes lorsque nous sommes stressés et comment prévenir et gérer le stress au travail. Si je pouvais résumer médiocrement ces travaux, je proposerais "il faut prévenir le stress, il nuit à la santé des salariés." De fait, la problématique du stress est un enjeu de santé publique. Le problème réside dans le fait que ces ouvrages s'adressent à ceux qui souffrent et non à ceux qui décident! Je propose ainsi une autre sémantique: "il faut prévenir le stress, il nuit à la santé (économique) des entreprises." En la matière, force est de constater l'incroyable, l'inexplicable silence des économistes. Comment ont t-ils pu ignorer l'ampleur d'une telle problématique ? Ce dont nous avons besoin aujourd'hui ce sont des chiffres pour stimuler les dirigeants vers la prévention.
PREVENTION DU STRESS: SIMPLE COMME BONJOUR
Le stress est une problématique interdisciplinaire et complexe. Elle est ainsi au carrefour de la biologie comportementale, de la médecine, de la psychologie, de l'ergonomie, de la sociologie, de l'économie, de la psychosomatique, j'en passe et des meilleures. Dans le monde entier, des scientifiques étudient ici des modèles pour le mesurer, là le comportement du cerveau pour le comprendre et partout ailleurs des idées pour le prévenir et le gérer. En contrepoids de cette apparente complexité, des voix, non moins sérieuses et scientifiques, s'élèvent pour nous proposer des solutions qui pourraient être une offense à notre intelligence si elles n'avaient pas démontré leur efficacité. Parmi ces solutions, je voudrais aborder le cas de la reconnaissance au travail. Selon des études réalisées par la chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail de l'université de Laval au Québec:
En attendant, et c'est une bonne nouvelle, un programme de reconnaissance au travail ce n'est pas forcément onéreux bien que cela puisse rapporter gros.
Pour en savoir plus je vous invite à visiter le site du l'université précitée.
http://www.cgsst.com/fra/accueil-reconaissance-travail.asp
Le manque de reconnaissance arrive en deuxième position comme facteur expliquant la détresse psychologique des travailleurs, juste après la surcharge de travail.et aussi:
Les gens qui se disent reconnus au travail ont quatre fois moins de risque de présenter des signes de détresse psychologique.Simple mais pas simpliste. Déjà vu mais pas démodé. Douce ironie que celle d'observer que malgré (ou à grâce à ?) l'infernale emprise de la technologie sur les rapports humains, les techniques de gestion par le bon sens donnent plus que jamais de bons résultats.
En attendant, et c'est une bonne nouvelle, un programme de reconnaissance au travail ce n'est pas forcément onéreux bien que cela puisse rapporter gros.
Pour en savoir plus je vous invite à visiter le site du l'université précitée.
http://www.cgsst.com/fra/accueil-reconaissance-travail.asp
jeudi 1 avril 2010
PREVENTION DU STRESS, LE PROBLEME DE VOULOIR TROP BIEN FAIRE
Vous avez fait un diagnostic, une cartographie du stress dans votre entreprise. Les groupes concernés ont été identifiés, le niveau de stress moyen a été mesuré. Vous avez également calculé ses coûts, ce qui vous a permis de convaincre votre direction de poursuivre l'effort qui doit maintenant s'orienter vers l'action de prévention.
Dans le groupe de travail (participatif et multidisciplinaire) que vous avez créé, les idées fusent. Les langues se délient, chacun y va de sa suggestion, la perspective d'un environnement de travail serein et agréable se rapproche. C'est à cette étape, que deux pièges sournois se présentent. Si vous sélectionnez trop d'idées (nous ne parlons pas de leur qualité ou pertinence, mais de leur nombre) et si vous désirez apporter trop de changements simultanés, vous risquez de rajouter une charge de travail forte sur les épaules de toutes les personnes concernées (et la surcharge de travail est souvent une des causes principales de stress). Par ailleurs, trop de changement génère du stress! Ainsi vous pourriez, muni de toutes les bonnes intentions du monde, vous épuiser dans un projet qui pourrait se révéler neutre ou pire contre-productif. La prévention est tout évidence à privilégier, mais elle doit se définir et planifier à la mesure des ressources et des capacités d'adaptation des personnes concernées.
Dans le groupe de travail (participatif et multidisciplinaire) que vous avez créé, les idées fusent. Les langues se délient, chacun y va de sa suggestion, la perspective d'un environnement de travail serein et agréable se rapproche. C'est à cette étape, que deux pièges sournois se présentent. Si vous sélectionnez trop d'idées (nous ne parlons pas de leur qualité ou pertinence, mais de leur nombre) et si vous désirez apporter trop de changements simultanés, vous risquez de rajouter une charge de travail forte sur les épaules de toutes les personnes concernées (et la surcharge de travail est souvent une des causes principales de stress). Par ailleurs, trop de changement génère du stress! Ainsi vous pourriez, muni de toutes les bonnes intentions du monde, vous épuiser dans un projet qui pourrait se révéler neutre ou pire contre-productif. La prévention est tout évidence à privilégier, mais elle doit se définir et planifier à la mesure des ressources et des capacités d'adaptation des personnes concernées.
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