samedi 27 avril 2013

L'ENGAGEMENT PAR UNE MEILLEURE ADEQUATION ENTRE l'INDIVIDU ET L'ENTREPRISE


L’actualité nous offre un panorama gourmand de paysages déstructurés mettant en scène l’homme au travail. Pourtant, de nombreux salariés sont épanouis, passionnés, engagés dans leurs missions et ces trajectoires nous offrent des perspectives pour comprendre comment gérer cette problématique cruciale de l’engagement.

Il existe des employés heureux !
La psychologie positive se développe dans les années 90 et propose de mettre en perspective les potentiels, motivations et capacités humaines, une approche nouvelle liée au comportement organisationnel positif. Mais la littérature scientifique nous démontre par ailleurs que ces comportements sont notamment corrélés aux caractéristiques organisationnelles. Si le contrat de travail est un support légal formalisant les devoirs et obligations des deux parties, le contrat psychologique et sa pérennité dans le temps favorisera l’adéquation individu/organisation. Il s’agit en effet d’un ensemble d’ententes tacites entre les employés et leur direction en termes d’engagement réciproques.

Levinson a défini en 1965 la norme de réciprocité comme étant : « la rencontre entre les attentes mutuelles et la satisfaction des besoins respectifs de l’homme et de l’organisation à travers leur relation ».
   
Un échange entre salariés et entreprise
On peut donc légitimement s’interroger sur la capacité et la volonté des entreprises à favoriser cet échange dans un contexte où la mobilité, le turn-over, l’interchangeabilité des employés ne sont pas vecteurs d’une bonne santé organisationnelle.
Tout semble lié : prendre le temps d’intégrer un collaborateur au sein de l’entreprise, investir d’ores et déjà dans une ressource sans équivalent : l’humain. Le salarié est une ressource mais plus encore, il a des ressources. Celles-ci fluctuent, évoluent, s’affirment ou se fragilisent. Dès lors, intégrer, former, accompagner, suivre un salarié deviennent des critères essentiels pour tout conduite de gestion des hommes. S’engager et engager.

On peut partir du principe que tout individu qui débute à un poste de travail sera plus ou moins motivé. La motivation peut être considérée comme un niveau d’énergie. On  appelle plus précisément cela, l’état d’engagement. Ce dernier est propre à chaque individu et il va être influencé par des facteurs environnementaux.
L’idée sera donc, pour l’entreprise, de maintenir ce niveau d’énergie au plus haut pour que ses salariés soient performants. En effet, il a été démontré dans de nombreuses études, comme par exemple celle de RICH et al. (2010)*, que la performance est une des conséquences majeures de l’engagement professionnel. Ce concept relativement récent est étudié comme une forme de vigueur, de dévouement et d’absorption que l’on a pour son travail. En d’autres termes, l’énergie, l’implication (sens et enthousiasme) et la concentration dans le travail. Ou encore énergie physique, émotionnelle et cognitive. Au-delà des caractéristiques individuelles qui peuvent impacter ce niveau d’énergie, il est important pour les entreprises, d’aujourd’hui et de demain, de comprendre par quels moyens elles peuvent le maintenir et le développer dans le temps.

Les clés de l’engagement
Parmi les antécédents prédominants à l’engagement d’un salarié, on peut citer le management, le soutien social, l’autonomie et le sens du travail. Le management, aussi appelé leadership, est une des pièces maîtresses du puzzle. Un manager, qui donne du sens au travail de ses collaborateurs, les motive en leur donnant des feed-back réguliers, leur apporte du soutien dans les moments difficiles et créé un climat de travail basé sur la confiance, facilitera leur engagement. L’analogie est simple : on travaille plus facilement et on a surtout envie de bien faire pour un manager que l’on apprécie.  Ceci se rapproche du soutien social. Se sentir soutenu par ses collègues est parfois tout aussi important que de l’être par son supérieur hiérarchique. Dans une société où l’on prône l’individualisme, il est nécessaire de sensibiliser les entreprises au collectif. Les salariés sont une source de créativité vertigineuse. Il n’y a rien de plus efficace que la réflexion collective pour trouver des solutions aux problèmes. Faciliter une bonne entente entre les salariés permet cette réflexion créatrice d’innovations. Pour favoriser l’engagement au travail, il est également recommandé de laisser un certain degré d’autonomie à ses collaborateurs. Un salarié qui a la possibilité de planifier son travail comme il le souhaite et qui peut prendre des initiatives se verra plus engagé qu’un autre. Mais point trop n’en faut, car l’autonomie peut également être source de déstabilisation pour qui ne l’a pas demandée. Dans ce cadre, un juste milieu est à trouver.  Enfin, les caractéristiques du travail sont également des facilitateurs de l’engagement. Pour un salarié, il est important que son travail ait du sens. L’individu, par son travail, doit se sentir utile à la société et il doit considérer son activité comme un véritable challenge. C’est une forme de passion qui se joue ici, le tout étant d’éviter les débordements. Car il est bien connu que trop de travail tue le travail. Lorsque le salarié est trop investi dans son travail et qu’il perd le contrôle de la situation, ce qu’on appelle le workaholism, il peut tomber en burn-out (ou épuisement professionnel). Là encore, l’entreprise doit être capable de prévenir de tels comportements grâce à une prévention et une gestion performante des risques psychosociaux.

L’engagement est donc une douce alchimie entre les ressources personnelles et organisationnelles qui vont permettre de réduire les contraintes du travail. Le salarié doit être fier d’appartenir à son entreprise. 

Dans un contexte économique où les enjeux financiers sont de plus en plus importants et où le capital humain est mis à mal, il est temps de penser le travail différemment. Il n’y a pas d’entreprise sans les hommes et les femmes qui la constituent. Leur bien-être est donc fondamental pour s’assurer de meilleures performances basées sur la qualité et non la quantité. In fine, c’est une vision sur le plus long terme qui pourrait s’inscrire dans la gestion des ressources humaines, impulsant ainsi une dynamique de maintien dans l’emploi, de valorisation des compétences et des carrières. L’engagement professionnel est une des clés de cette nouvelle façon de penser. 



*RICH, B., LEPINE, J.&; Crawford, E. (2010).   Job engagement : antecedents and effects on job performance.  Academy of Management Journal , 53, 617–635.

Elodie Moulin et Véronique Ridel 

samedi 16 mars 2013

QUE COMPRENONS NOUS DU TRAVAIL ?

Que comprenons nous du travail et de la difficulté pour le réaliser? 
Que comprenons nous de la pénibilité des ajustements parfois nécessaires par ceux qui réalisent le travail?
Voici un cas ... d'école. Quand il pleut en semaine, les élèves doivent rester en classe (ou sous le préau) lors des récréations. Ne pouvant ainsi se défouler, ils dépensent leur énergie en s'agitant et en poussant les décibels en classe. En apparence, rien ne change pour ceux qui jugent et, ou  bénéficient du travail. Les élèves vont à l'école le matin et retournent à la maison le soir. Les parents observent les progrès des enfants, en fonction de quoi ils jugent de la qualité du travail des enseignant(e)s. Dans la réalité cependant, tout est différent pour ceux qui réalisent le travail. Car le bruit et l'agitation sont de puissants voleurs d'énergie qui épuisent l'enseignant(e).
Comment alors juger et évaluer le travail? Lorsque l'on ne sait évaluer les conditions et les processus relatifs à l'exécution du travail, il est sans doute approprié de s'abstenir d'évaluer le travailleur. 

 

samedi 9 mars 2013

EVALUATION QUOTIDIENNE DES COMPETENCES

L'écoute de l'excellente émission de France Culture sur le Burnout a renforcé mon avis concernant la problématique des évaluations annuelles des compétences. Non pas, bien sûr, que les moments d'échanges formels entre salariés et responsables d'encadrement soient problématiques par nature, mais l'objectif et le déroulé même de ces entretiens posent de sérieuses questions. Ces dernières portent principalement, ainsi que théorisé par Christophe Dejours, sur la capacité et la légitimité du manager a exprimer des jugements de valeur concernant la complexité d'un acte de travail que le responsable ne sait plus et sans doute ne peut pas comprendre dans sa complexité. L'évaluation annuelle des compétences est donc souvent pathogène pour les salariés ainsi bénéficiaires d'un jugement parcellaire, hâtif et désincarné concernant l'activité et l'acte de travail pour lesquels ils ont souvent investi physiquement et psychiquement bien plus que ce qui est mesurable. L'évaluation annuelle des compétences est ainsi trop souvent un acte de gestion improductif quand elle ne concourt pas à une dégradation des performances des salariés déçus de tels diagnostics portés sur leur travail. Cependant, la faible fréquence de ces rencontres peut sans doute permettre de relativiser leur impact. Il existe cependant un autre problème, celui des salariés confrontés à une évaluation quasi quotidienne de leurs compétences. Ce diagnostic prend la forme d'idées reçues aussi peu justifiées que blessantes. Tel professeur des écoles serait un "privilégié", tel administratif serait un "centre de coûts et improductif", tel chômeur serait un "assisté", etc. Si les effets délétères de l'évaluation annuelle sont désormais étudiés et compris, nous devons nous interroger sur l'impact de l'évaluation quotidienne sur celles et ceux qui sont confrontés à ces diagnostics gratuits de leurs aptitudes.



Les matins - La société est –elle menacée par... par franceculture

mercredi 6 mars 2013

TABLE RONDE "REPENSER LE TRAVAIL"

J'ai été invité à participer à une table ronde sur le thème "Repenser le travail". Étant plutôt d'avis de porter nos réflexions sur la manière de repenser les conditions de travail j'ai accepté avec plaisir d'y débattre. A suivre...