samedi 10 avril 2010

LE DOUBLE DRAME DES SUICIDES AU TRAVAIL

Je n'ai pas pour vocation de suivre le registre morbide des suicides liés au travail. Pourtant il est difficile de ne pas réagir devant l'affreux traitement public de ces trajectoires humaines brisées.
Après "la grève à la RATP", une nouvelle catégorie occupe depuis peu l'espace médiatique, le "suicide chez FT". Souvent présenté à brûle-pourpoint dans les informations, il est associé à un nombre, toujours en hausse.
Que mes amis de France Télécom m'excusent, mais je ne suis pas sûr que le monopole médiatique qui leur est (involontairement) accordé soit une manière de rendre hommage à leurs collègues qui par désespoir ont décidé d'en finir.
En effet chaque mois, dans le silence d'une grange et le désintérêt de tous, des agriculteurs meurent.
Chaque mois, des médecins, des fonctionnaires de police, des enseignants hurlent silencieusement stop.
Selon quels critères ces drames là doivent t-ils être occultés?
Et pour un suicide à la une, combien de dépressions invisibles?
Je ne peux me résoudre pas à vous donner des chiffres, mais ils sont consultables sur la toile.
Il y a deux pièges dans l'exposition médiatique sélective actuelle, celui de désinformer les uns et de celui mépriser les autres. Le mépris est arme redoutable pour la santé mentale des personnes vulnérables.
En ce sens, le drame des suicides au travail est également abominable parce qu'il hiérarchise et gradue arbitrairement la souffrance des uns au détriment de celle des autres.

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